Pour les moins de 10 ans

Cette petite histoire de bobtail est née de quelques jours de pluie et d’une étroite collaboration entre mes petits neveux : Anton, Daphné, Nathan, Gabin  et moi. Chez nous, on aime (entre autres) les livres et les bobtails. Il nous fallait donc un livre sur les bobtails et si possible avec des chiots bobtails. Mais pour petits enfants, nous n’avons pas trouvé. Alors, nous nous sommes mis au travail. Nous ne prétendons pas à quoi que ce soit, nous avons simplement passé de bons moments à écrire cette histoire, et nous espérons que, peut être, elle distraira d’autres enfants, un jour de pluie….

 

                       SURCOUF, LE PLUS BEAU DES BOBTAILS

 

Chapitre I                              Une découverte surprenante.

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           Une petite boule de fourrure avec un corps noir et une tête blanche. Au milieu de la tête blanche, à nouveau un gros point noir. Le tout est couché dans une corbeille et semble dormir. Mais qu’est-ce donc ?

Lara (8ans) et Timaël (4 ans) sont pétrifiés devant ce …truc.

Tout à coup, Lara réagit :

 -Timaël, c’est le bobtail !

Bien sûr que c’est un chiot  bobtail. Il en est question depuis longtemps dans la famille. Papa en rêve.

Ce week-end, Bernard et Lucie, les parents des enfants, se sont absentés. Ravis de passer deux jours chez leurs grands-parents, Lara et Timaël n’ont pas insisté pour connaître les raisons de cette absence. Et voilà, maintenant, ils savent. Le voile est levé, les parents sont allés chercher ce chiot bobtail.

Papa arrive.

  -Alors les enfants, que pensez-vous de Surcouf ? Une agréable surprise, non ?

  -Il a l’air mignon. Dis papa, on peut le caresser ?

-Non. C’est un bébé, il n’a que dix semaines. Il faut le laisser dormir. Vous pourrez le caresser lorsqu’il sera réveillé. Pour l’instant, venez avec moi, nous allons en parler.

Maman arrive avec un classeur, et grands et petits s’installent autour de la table. Immédiatement, les questions fusent :

-Comment s’appelle-t-il ?

-Surcouf de Hurle vent

-Tu crois qu’il va bientôt se réveiller ?

-Il pourra dormir dans mon lit ?

-Je pourrai l’emmener à l’école ?

-C’est un garçon ou une fille ?

Bernard et Lucie n’ont pas le temps de répondre. Ils demandent le silence pour pouvoir donner de plus amples renseignements sur leur nouveau compagnon.

             -D’abord les enfants, sachez que ce n’est pas un jouet. C’est un chien, il ne deviendra pas le roi de la maison, mais il aura le droit d’y vivre tranquillement. Donc, non, il n’ira pas à l’école, et non, il ne couchera pas dans ton lit Timaël. C’est un mâle, et dans quelques mois il pèsera 40 kg. Crois-tu qu’il y aurait de la place pour vous deux dans ton lit ?

Devant la déception du petit garçon, Maman le prend sur ses genoux.

             -Regarde, ce classeur nous a été donné par Monsieur et Madame Martin, les éleveurs de Surcouf.

En couverture, deux magnifiques Bobtails adultes :

            -Voilà son papa : L’Ortega du Vallon des Roses, et sa maman Moira de Hurle vent.

            -Qu’ils sont beaux …

Les enfants sont en admiration devant les photographies.

 -Sa maman s’appelle presque comme lui, remarque Lara.

-Non. Sa maman se nomme Moira, et lui Surcouf. De Hurle vent est leur affixe, c’est à dire un peu comme leur nom de famille.

-Comme nous nous appelons Lara et Timaël Landau ?

-Exactement !

A la suite des photographies, des feuilles sont classées, elles semblent contenir des renseignements très importants. Lara, qui tient à montrer sa supériorité à son petit frère en prouvant qu’elle sait lire, commence :

Champion International : L’Ortega du Vallon des Roses

Champion de France : L’Ortega du Vallon des Roses

Champion d’Espagne : L’Ortega du Vallon des Roses.

Champion du Luxembourg : L’Ortega du Vallon des Roses

Elle continue à tourner les pages :

Championne jeune d’Allemagne : Moira de Hurle vent

Championne Internationale : Moira de Hurle vent

Championne de France : Moira de Hurle vent

Lara ouvre des yeux ronds :

-Maman, qu’est-ce que ça veut dire ?

-Ca signifie que ses parents sont des chiens magnifiques et qui ont obtenu de nombreuses récompenses attestant de leur beauté.

-Surcouf aussi sera un champion ?

-Nous l’espérons, mais il est encore trop tôt pour le dire.

Timaël prend la parole :

-Moi je suis sûre qu’il sera champion. Ca sera le plus grand des champions.

Lara continue de tourner les pages du classeur. Elle regarde vaguement les noms des parents, grands-parents, arrière grands-parents de Surcouf. Ils ont presque tous un CH devant leur nom. Papa lui explique que, là encore, ça veut dire champion. Mon dieu, c’est un véritable fils de roi qui vient d’arriver à la maison ! Enfin, voici de nouvelles photographies : Surcouf et ses frères et sœurs avec leur maman. Qu’ils sont jolis. Les enfants rient de voir les mimiques des chiots.

-Et là, tu as vu ? Le petit essaie de voler le jouet de son frère .Et celui-ci, il mord la patte de sa mère.

-Et regarde, là ! On ne voit que sa tête qui dépasse de l’herbe. On dirait …une petite pomme blanche.

Timaël crie de joie.

Papa lève la tête à ce moment-là, et qui voit-il arriver ? Surcouf. Les éclats de voix l’ont réveillé. Il s’assied à l’entrée de la pièce, baille à s’en décrocher les mâchoires, et attend. Il ne connaît pas cette maison, il ne connaît pas ces gens qui n’ont d’yeux que pour lui …bref, il ne sait pas très bien quelle doit être sa conduite. Maman se lève, va s’accroupir à côté de lui, lui caresse la tête en lui parlant doucement. Rassuré, Surcouf se lève et commence à frétiller. Les enfants sont béats. Ils sourient en regardant cette petite merveille, mais aucun n’ose bouger. Maman les appelle, et leur dit qu’ils peuvent caresser le chiot, mais jamais le porter .Après tout, il sait marcher !

Surcouf est heureux .Il est le centre de l’intérêt général, et il n’en demande pas plus. Tout à coup ; il tourne le dos aux enfants, il s’accroupit, et…fait pipi sur le carrelage ! Timaël est consterné. Jamais personne n’a fait ça à la maison. Que va dire Maman ?

Maman soupire et va chercher une serpillière pour réparer les dégâts. Elle sait qu’il faudra être très vigilant si elle ne veut pas que ça se reproduise trop souvent. Quel dommage de ne pas pouvoir mettre de couche aux bébés chiens !

Papa intervient :

-C’est de notre faute. Après les repas comme après une sieste, les chiots ont toujours envie de faire pipi. Nous aurions dû le sortir immédiatement.

 Mais l’incident est vite oublié, et les enfants sont tout à leur joie de pouvoir jouer avec ce nouvel animal qui commence à vouloir les escalader (mais maman l’a interdit) et à les mordiller. Soudain, Timaël cesse de jouer. Et Vagabond ?

 Chapitre II                               Un nouveau copain

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Pour l’instant, Vagabond dort. Il est confortablement installé dans le jardin, couché à l’ombre d’un saule. Il rêve qu’il pourchasse un lapin : ses pattes s’agitent parfois, il pousse des petits grognements …Il est parfaitement bien.

Vagabond est un chien qui n’est pas et ne sera jamais champion, sinon de gentillesse. Il ne sait pas qui sont ses parents, il ne sait pas à quelle race il appartient, d’ailleurs il n’appartient à aucune, et s’en fiche totalement. Il se rappelle vaguement que, quand il était plus jeune, il vivait chez des gens qui n’étaient pas gentils avec lui. Un jour, ils ont même décidé de l’abandonner. Vagabond a marché, marché, dans l’espoir de les retrouver, car il les aimait malgré tout. Et puis, Lucie l’a vu. Comme il était très maigre, elle lui a donné à manger . Alors il est resté. Bernard a prévenu les gendarmes que le chien était chez eux, mais personne ne l’a réclamé. Ca fait maintenant trois ans qu’il est l’ami de la famille, et plus particulièrement celui de Timaël.

Il a passé le week-end avec les enfants chez Papy et Mamy, et ce matin n’a pas vu Surcouf qui dormait. Que va-t-il penser de ce petit nouveau ?

Timaël arrive vers lui en courant :

-Vagabond, Vagabond, viens voir. Tu as un copain qui vient d’arriver !

Le chien lève la tête. Mais quelle idée de le réveiller au milieu d’un rêve aussi agréable ! Bon, OK Timaël, je viens. Il se lève, va vers le bambin dont il lèche la main, et le suit à la maison.

Misère de malheur ! Il y a un autre chien dans sa maison ! Le poil de son dos se hérisse, mais Timaêl lui explique immédiatement :

-Viens voir, c’est un bébé et il s’appelle Surcouf.

Vagabond approche. Surcouf est ravi de le voir. Des humains qui s’occupent de vous, c’est bien, mais un compagnon de la même espèce, c’est particulièrement appréciable. Le grand renifle le petit, le petit veut jouer, le grand recule et regarde les humains quêtant des explications .Aussitôt, parents et enfants le caressent et lui expliquent qu’il reste leur gros chien préféré, même si maintenant ils auront aussi un petit chien préféré.

Vagabond est rassuré. D’ailleurs, il est encore trop tôt pour le montrer, mais il n’est pas mécontent d’avoir de la compagnie.

-Bon, intervient papa, vous êtes peut-être en vacances, mais moi je dois aller travailler cet après-midi. Emmenez les chiens dehors un petit moment, veillez à ce que Surcouf ne fasse pas trop le fou, et ensuite, à table !

Lorsque chiens et enfants reviennent à la maison, maman leur propose d’instituer un calendrier pour savoir qui devra donner ses croquettes à Surcouf. Jusqu’à présent, c’est Lara qui nourrissait Vagabond, car Timaël, malgré toute sa bonne volonté, oubliait trop souvent .Maintenant, il est grand, et pour le responsabiliser, maman propose qu’il prenne son tour une semaine sur deux (bien sûr sous la surveillance d’un adulte).

-Et surtout, n’oubliez pas de le sortir après chaque repas, où vous devrez vous-même nettoyer avec la serpillière.

Les enfants sont heureux. Surcouf sera un grand champion, car ils vont particulièrement bien s’en occuper.

Chapitre III                         Le champion des bêtises

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Les jours passent. C’est un réel bonheur que d’avoir les deux chiens à la maison. Ils sont maintenant inséparables, et Vagabond apprend les « bonnes manières » à Surcouf. A quatre mois, pour faire comme son copain, il a déjà appris le rappel, assis, couché, debout. Mais il doit apprendre des choses que Vagabond ignore, comme de rester tranquille sur la table de toilettage ou le «  pas bouger » pour les futures expositions. Et ça, c’est compliqué. D’abord, la table de toilettage, elle est trop haute. Quand on est un chiot, c’est drôlement impressionnant. Quant au « pas bouger» …Comment voulez-vous ne pas bouger quand vous avez un membre de votre famille à côté de vous ?

-que je suis content de te voir, on joue ?

-je veux absolument te faire un bisou

.-viens-là que je te renifle…mais tu sens le chocolat ! Etc.

Pas bouger, c’est mission impossible.

Malgré tout, les apprentissages se font peu à peu. L’apprentissage des bêtises aussi.

D’abord, il faut goûter. Et Surcouf est un grand «  goûteur ». Il a essayé les chaussures, les plantes, les graviers de l’allée, et même les fils du téléphone. Mais là, papa s’est fâché très fort. Il serait peut-être plus prudent de ne pas recommencer.

Mais ce matin, c’est le paradis .De bonne heure, maman est sortie avec un panier sous le bras et elle a étendu du linge sur un fil. Surcouf l’a regardée faire avec beaucoup d’intérêt , et dès qu’elle a eu le dos tourné, s’est empressé d’aller décrocher ce linge .D’abord, c’est moche ces trucs qui pendent dans le jardin ! Mais que c’est haut ! Il faut sauter, sauter encore. Allez , courage ! D’ailleurs il a entendu les parents dire à Timaël que dans la vie il fallait persévérer pour obtenir ce que l’on veut. Ca y est ! Une pince à linge a sauté. Le drap est en partie par terre. Génial ! Que faire maintenant ? Jouer avec la pince, le drap, ou tenter de décrocher autre chose ? Maman arrive, visiblement très en colère. Le choix de Surcouf est rapidement fait. Il faut fuir ! Mince. Il n’a pas été assez rapide. Maman est vraiment très en colère.

-Méchant chien. Tu mérites une punition.

Et là, sans prévenir, elle l’attrape par la peau du cou et le secoue. Mon dieu que Surcouf est  vexé .Jamais personne ne l’a traité de cette manière. Il ne parlera plus jamais à Maman. D’ailleurs, il va se cacher dans le garage, où il finit par s’endormir.

Et ce soir, punition suprême. Timaël vient le chercher, Lara prend Vagabond, et hop tout le monde en voiture. C’est maman qui conduit. Surcouf a un mauvais pressentiment. Où va-t-on ? Vagabond ne semble pas plus rassuré. Oh que Surcouf s’inquiète ! Et bien voilà, il avait raison. On vient de s’arrêter devant une maison, on rentre dans une pièce. Ca sent mauvais .Il y a d’autres chiens et chats, mais personne ne dit rien. Soudain, une dame arrive. Mais il l’a déjà vue celle-ci ! C’est une dissimulatrice. Elle fait semblant d’être gentille, elle vous parle, vous caresse en vous palpant partout, et dés que vous commencez à lui faire confiance, pof , elle vous plante une aiguille dans le cou. Timaël lui a expliqué que ça s’appelait un vaccin et que ça permettait d’éviter les maladies. Tu parles ! Et Vagabond, il se fait discret, couché tout au bout de la pièce, dans l’espoir qu’on l’oublie. Lui, il paraît qu’il est là pour se faire enlever le poil qu’il a dans les oreilles. A son âge, c’est pas étonnant !

Et allez ! Comme si ça ne suffisait pas, il faut qu’on s’attarde. Tout le monde a sa petite question à poser :

-Comment trouvez-vous qu’il évolue ? N’est-il pas un peu trop gras ? Regardez, il lui manque encore des dents, pensez-vous qu’elles vont sortir ? Etc.

Ouf ! Ça y est, on repart. On devrait interdire l’entrée des cliniques vétérinaires aux chiens !

 

Chapitre IV                              En marche pour la gloire

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Ce soir, en rentrant de l’école, les enfants ont trouvé papa en train de remplir une feuille, avec le classeur de Surcouf sous le nez.

 -Qu’est-ce que tu fais papa ?

  J’inscris Surcouf pour sa première exposition. Il a sept mois, nous pouvons donc le présenter en puppy.

-En quoi ?

-Puppy.Ca veut dire qu’il doit concourir avec d’autres chiens ayant entre six et neuf mois.

Timaël est déjà très impatient.

-Il va gagner papa ?

-J’espère, nous verrons.

-C’est quand ? C’est où ? On pourra venir ?

-L’exposition aura lieu le Dimanche 9 octobre, c’est à dire dans trois semaines, à Avignon .Et, bien sûr que vous pourrez venir. Nous irons tous. Seul Vagabond devra rester; il ira passer la journée chez Papy et Mamy.

-On lui ramènera un cadeau, propose Timaël.

Les jours passent très vite .La veille du grand jour, maman brosse Surcouf. Un petit coup de ciseaux pour arrondir les pieds, un autre pour égaliser les poils sur la tête…Ca y est. Surcouf est le plus beau des Bobtails. Et même le plus beau de tous les chiens !

Dimanche, 6 heures du matin, tout le monde est prêt. Il y a 2 heures 30 de route pour aller jusqu’à Avignon. Les Bobtails seront jugés à 10 heures. Bernard et Lucie veulent arriver en avance pour avoir le temps de bien préparer Surcouf.

Que de monde ! Il y a des chiens partout. Surcouf est très impressionné. Il aimerait bien rentrer dans la poche de papa, ou dans le sac de maman…En tout cas, il aimerait bien aller dans un endroit où il se sentirait plus rassuré.

A l’entrée, un monsieur demande la carte d’inscription du chien, ainsi que sa carte d’identification.Il passe un lecteur dans le cou du chien.

-OK. C’est bien le bon chien, vous pouvez entrer. Les bobtails se trouvent dans le premier hall.

A ce moment, Surcouf décide qu’il en a assez vu. De plus, il y a beaucoup trop de bruit. Une seule solution : faire demi-tour. Problème : il est le seul à vouloir rentrer à la maison. Donc, en avant !

Les voilà arrivés vers les autres bobtails. Des gens viennent parler à Bernard et Lucie, tâter le chien. Il ne dit rien. Il a quand même un peu peur.

Bernard déplie la table de toilettage. Jamais Surcouf n’a été aussi heureux d’y monter. Là, c’est chez lui, donc rassurant.

-Dis papa il y a combien de chiens à concourir avec Surcouf ?

Papa regarde le catalogue. Il y a 17 bobtails inscrits, dont trois en puppy. Les autres se partagent entre les classes jeunes, ouverts et champion .Timaël n’écoute même plus ce que dit papa, tellement il est impressionné par tous ces chiens. Mais Lara demande des explications :

-Qu’est-ce que c’est les classes jeunes, ouvertes…

-Dans la classe jeune, on inscrit les chiens ayant entre 9 et 18 mois; dans la classe intermédiaire, ceux ayant entre 15 et 24 mois, et au delà de 24 mois, les chiens sont en classe ouverte. Quant à la classe champion, il faut déjà être champion pour pouvoir y accéder.

Pendant ce temps, maman a repris le toilettage. Une dame vient la féliciter pour l’allure impeccable de son chien.

            -Et bien dites-moi, pour des débutants, vous vous débrouillez très bien.

Bernard et Lucie expliquent alors qu’ils ne sont pas vraiment des débutants. Ils ont déjà eu des bobtails quand ils étaient plus jeunes, mais avec la naissance de Lara, puis de Timaël, ils avaient décidé d’attendre que les enfants soient plus grands avant de reprendre un chien d’exposition.

Et c’est le grand moment. C’est papa qui présente Surcouf sur le ring. Il y a un chien devant eux. Un monsieur (maman explique que c’est un juge) examine le chien, puis demande à son propriétaire de le faire trotter autour du ring. C’est maintenant le tour de Surcouf. Timaël arrête de respirer. Il voudrait tellement que son chien gagne ! Surcouf se souvient de ses séances d’entraînement à la maison, et ne bouge pas un poil pendant que le juge le tâte partout : le dos, la tête, le poil …il n’en finit pas. Puis il faut faire le tour du ring. Maman sourit : « ce chien ne marche pas, il vole ! Nous en ferrons un champion ». Puis c’est le jugement du troisième chien. Enfin, le juge leur demande de trotter tous les trois, les uns derrière les autres.

-Stop. Monsieur s’il vous plaît ?

Il vient d’appeler papa. Que va-t-il lui dire ?

-Vous avez un chien superbe. Je vous félicite. Premier très prometteur.

Maman n’est qu’un sourire, Lara et Timaël applaudissent. Dés que Surcouf sort du ring, il reçoit des milliers de caresses. Papa tient la feuille de jugement à la main. Maman s’en empare. Que des compliments. Elle, elle n’en doute pas : Surcouf sera un jour un grand champion.

Chapitre V                                       Un lendemain bien décevant

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Le lendemain, Surcouf dort. C’est épuisant ces expositions. Mais finalement pas si désagréable que ça ! Il a été félicité par toute la famille, a eu droit à deux gâteaux, et plein de gens sont venus le caresser en lui disant qu’il était beau. La gloire. Et Surcouf se sent des prédispositions pour la gloire.

Bon, il s’agit maintenant de profiter de la gentillesse dont les humains font preuve depuis la veille. D’abord aller à la maison pour voir qui est là, et s’il n’y a pas quelque chose de bon à manger. Les émotions, ça creuse. Papa est là. Il est dans la cuisine, visiblement en train de préparer le repas. Surcouf attend, persuadé de bénéficier de quelques bons morceaux. Mais non. Bernard lui dit que les stars ne doivent pas grossir, donc n’ont droit qu’à leurs croquettes. Ce chien est très mécontent. Il repart dans la maison sans très bien savoir ce qu’il cherche .Soudain, illumination ! La porte de la chambre de Timaël est ouverte. Depuis qu’il vit dans cette maison, c’est la première fois qu’une telle aubaine se présente. Discrètement, (il sait que c’est interdit), il entre. Il n’en croit pas ses yeux. Dans la chambre, un lit. Sur le lit, une couette. Qu’il doit être doux de faire la sieste sur une couette ! Aussitôt pensé, aussitôt fait. Le voilà sur la couette, bientôt profondément endormi.

Soudain des cris le réveillent. Papa est dans l’encadrement de la porte, furieux.

-Surcouf, sors d’ici immédiatement !

La barbe. Il dormait si bien. D’ailleurs il ne bougera pas. Sa décision est prise. Pourquoi ne pas essayer de tenir tête ? Après tout, il devient grand, et peut juger lui même de ce qui est bien pour lui. Et quoi de mieux qu’un lit et une couette pour dormir ?

Devant l’air menaçant de papa, Surcouf se demande s’il a agi de façon bien raisonnable. N’en doutons plus, il a fait une bêtise. Bernard est très en colère. Il le prend par la peau du cou, et le traîne de force dans le garage dans lequel il l’enferme. La situation se présente mal. Que faire ? Peut-être que pleurer permettrait d’amadouer papa ? Il essaie, mais seul Vagabond, son véritable ami, vient souffler de l’autre côté de la porte pour lui témoigner sa solidarité. Alors Surcouf se couche et attend. Il lui faudra attendre une éternité pour pouvoir enfin ressortir.

Mais les mauvais souvenirs s’effacent vite. Surcouf, persuadé qu’il est devenu un grand chien, est bien décidé à n’en faire qu’à sa tête

Pendant ce temps, Timaël est à l’école. Hier au soir, il a tarabusté maman pour qu’elle lui imprime des photos de l’exposition. Inutile de dire que ce matin les photos étaient dans son cartable. Maintenant, il les commente. Il les a d’abord montrées à Caroline. Caroline, c’est la maîtresse. Elle est sympa, et Timaël l’aime bien. De plus, il faut bien avouer que dans une école, si on veut être un héros, il faut commencer par en convaincre la maîtresse.

-Caroline, regarde, c’est mon chien Surcouf. Hier, on était à l’exposition d’Avignon, et il a gagné. Le juge a dit qu’il était très beau.

-Fais voir tes photos ! Oh, il est magnifique ce chien. C’est quelle race ?

-Un bobtail.

-Et bien Timaël, tu lui feras une grosse caresse de ma part.

Timaël veut être un héros car il est amoureux. Son amoureuse s’appelle Léa. Elle est jolie ! Elle a des cheveux marron, deux grandes nattes, et des yeux bleus. Et puis, elle n’est pas comme les autres filles. Elle n’a pas peur de se pendre dans la cage à écureuils. Même que l’autre jour, elle est tombée. Timaël a eu la peur de sa vie. Il s’est précipité, mais heureusement ce n’était pas grave.

Bref, Léa, c’est son grand amour. Il y a au moins 15 jours qu’il ne pense presque qu’à elle. Le problème est que Léa ne semble pas beaucoup penser à lui. Il a passé des heures à la suivre dans la cour au lieu d’aller jouer avec ses copains. Dans la classe, il tente de s’asseoir à côté d’elle, il va lui chercher des crayons ou des feuilles quand elle en a besoin…Léa s’en fiche ! La semaine dernière, il a craqué. Cette attente devenait insupportable. Il a fait en sorte de se retrouver seul avec elle, et lui a dit :

-Léa, tu voudrais te marier avec moi ?

Léa a semblé très surprise par cette demande, et absolument pas intéressée.

-Je ne peux pas, moi je veux me marier avec Eric.

Eric, c’est un monsieur qui vient parfois à l’école et avec qui ils font de « l’informatique ». Timaël n’en croyait pas ses oreilles. Quelle idée de se marier avec quelqu’un d’aussi vieux ?

Caroline (qui entend toujours ce qui ne lui est pas destiné) s’est mise à rire :

-Mais, Léa, il est trop vieux pour toi ! De plus, je crois bien qu’il est déjà marié.

-Ce n’est pas grave, a répondu Léa. Je me marierai avec lui quand sa femme sera devenue trop vieille.

Que voulez-vous répondre ? Désespéré, Timaël est reparti jouer avec ses copains.

Mais aujourd’hui, il est bien décidé à la conquérir ! Il entend bien se servir de la gloire de son chien pour amadouer sa chérie. Mais il a beau montrer les photos à tout le monde, parler fort :

             -Regardez bien, là, c’est mon chien. Et il a gagné la coupe que l’on voit !

Il va jusqu’à mentir un peu en s’inventant un rôle :

            -C’est moi qui brosse mon chien tous les jours !

Rien n’y fait, Léa ne l’écoute même pas.

Timaël en a marre. Puisque c’est comme ça, il ne l’aime plus !

             Finalement, la journée n’a pas été aussi bonne que prévu, ni pour Timaël, ni pour Surcouf !

 

Chapitre VI                                          Une nouvelle star

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 Les mois passent. Surcouf a maintenant deux ans. Il a déjà fait de nombreuses expositions. Il ne les a pas toutes gagnées, mais il a déjà un excellent palmarès.

            Aujourd’hui, c’est l’effervescence la plus complète à la maison. Maman l’a réveillé à l’aube (ou presque), pour le mettre sous la douche afin de lui relaver les pattes et les babines.  Surcouf déteste ça. L’eau est ou trop chaude ou trop froide, mais en tous cas jamais à la bonne température. Avec le shampoing, la seule chose qui serait éventuellement intéressante, ce serait de le manger, mais c’est interdit. Et le pire, c’est que quand ce calvaire se termine, on lui sèche le poil. Ca fait du bruit, ça vous envoie beaucoup trop d’air chaud, on n’est jamais certain de ne pas avoir un accident…bref, l’horreur !

  Et on continue ! Après la douche, le toilettage. Et à fond en plus. Il ne reste pas un nœud. Maman lui enlève le sous-poil sur le cou, derrière les fesses, lui donne un petit coup de ciseaux par ci, un autre par là…Il semblerait qu’on soit à la veille d’une grande exposition. Et mince ! Surcouf aime bien jouer les vedettes, mais il préfère encore rester à la maison.

De toute façon, personne ne lui demande son avis, et tout de suite après le déjeuner, hop, tout le monde en voiture. Il n’y a que Vagabond qui va passer un week-end « petits gâteaux et grosses caresses » chez Papy et Mamy.

Et en plus, le trajet est long ! Surcouf veut bien dormir un peu, (d’autant qu’il a été réveillé de bonne heure), mais il ne peut quand même pas toujours dormir. Alors il regarde par la fenêtre. Tient ! Il vient de voir plusieurs de ces gros machins qu’il a longuement observés l’été dernier pendant les vacances à la montagne. Vagabond lui a dit que c’étaient des baches. Non ! C’est pas çà. Surcouf réfléchit. Ce ne sont pas des baches, ce sont des…vaches. Oui ! C’est ça !

Bon, ils finissent par arriver. Alors là, surprise. C’est bien une exposition, mais il n’y a que des bobtails. Sympa ! D’autant qu’il semble y avoir de jolies filles dans le lot.

Les parents commencent à décharger la voiture, et il les entend parler de Nationale d’élevage. C’est peut-être le nom de cette exposition de Bobtails. Mais qu’est-ce qu’ils sont stressés ! Surcouf, qui jusque là était calme, commence lui aussi à s’énerver.

             Et on recommence le rituel ! Le toilettage, la mise en forme, la petite barrette pour retenir le poil au dessus des yeux…Et le ring.

Alors ça, c’est surprenant ! Le ring est beaucoup plus grand que d’habitude, et il y a beaucoup plus de bobtails. Cela dit, ce n’est pas très intéressant, il n’y a que des mâles, les femelles sont sur un autre ring, plus loin. Le jugement commence, toujours la même chose, mais cette fois-ci en plus long. Surcouf est blasé. Ces enfantillages ne l’intéressent plus. Tous les chiens sont jugés, mais le juge ne semble pas satisfait. Il revient en voir quelques-uns, dont Surcouf, demande à leur maître de les refaire marcher…et il les classe. Et…devinez qui est premier ? Surcouf, bien sûr ! C’est la fête. On le fait monter sur un podium, on l’applaudit, c’est tout juste si on ne lui met pas une couronne sur la tête.

Quand il retrouve enfin le reste de la famille, tout le monde est ravi

  -Ca y est, Surcouf est champion de France !

-Tu vois, Maman, on te l’avait bien dit que. Surcouf serait un grand champion !

-Oui mes chéris,  je n’en ai jamais douté.

Tout le monde félicite le chien et ses propriétaires.

Des photographies sont prises qui paraîtront dans des revues spécialisées. Cette fois-ci, Surcouf est une star !

 

Chapitre VII                                               Un bobtail à la mer

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-Tralala la lalère, les cahiers au feu, la maîtresse au milieu !

Lara et Timaël arrivent à la maison passablement énervés. Ils ont une excuse : Nous sommes le deux juillet, jour des vacances.

Maman stoppe net leur élan :

-Je vous rappelle que nous partons à la mer demain matin, et je voudrais que vous choisissiez ce que vous voulez emmener. J’ai commencé vos valises, allez voir si elles vous conviennent, et rajoutez ce que vous voulez. De plus, je veux que vous preniez quatre livres chacun que vous lirez pendant que nous serons là-bas.

Les enfants ne se le font pas dire deux fois et filent préparer leurs bagages. La soirée est particulièrement éprouvante, chacun voulant emmener ce qui justement est introuvable.

L’heure du départ arrive enfin. Les chiens dans le coffre, les enfants sur le siège arrière, les parents à l’avant, tout est prêt.

Les enfants chantent, les chiens aboient, le voyage se passe normalement !

-Ca y est, je la vois !

Papa stoppe la voiture.

-C’est vrai, regardez là-bas, c’est la mer.

-Dépêchons-nous d’aller chercher les clefs de la maison que nous avons louée, et nous irons à la plage.

La plage ! Surcouf n’en croit pas ses yeux. Ni ses oreilles d’ailleurs ! Une grande étendue de sable, et après, de l’eau, de l’eau, de l’eau…Et qui fait du bruit. Incroyable ! Vagabond connaît, il est déjà venu. Mais Surcouf n’a que deux ans, et l’an dernier la famille a passé ses vacances à la montagne. C’est une découverte pour lui.

Tout de suite sur la défensive, il aboie. Il ne faudrait pas que toute cette eau qui ne cesse de bouger l’attaque ! Il a bien un peu peur. Vagabond le rassure. Il n’y a aucun danger. Alors, à la suite de son copain, il s’approche de l’eau.

Papa crie :

  -Attention les enfants. Empêchez les chiens d’aller dans l’eau, le sel est très mauvais pour leur peau et pour leur poil.

Aucun danger. Surcouf ne veut surtout pas se baigner. C’est à peine si une vague lui a léché le bout des pattes, et quand elle s’est retirée, elle a emmené le sable avec elle. C’est fou ! Le sol se dérobe sous ses pieds. Peut-être même qu’il pourrait tomber. Il préfère rejoindre les parents qui sont restés sur le « sable ferme ». Maman le caresse :

-Alors mon gars, tu as eu un peu peur ? Ne t’inquiète pas, tu t’habitueras et je suis certaine que tu aimeras.

Et en effet, au fil des jours, Surcouf, toujours derrière Vagabond, apprend à connaître la plage. D’abord, pour faire des trous c’est génial. C’est très facile de creuser dans le sable. Bien sûr, on en envoie partout et les humains râlent, mais qu’importe ! C’est tellement agréable.

Et puis quand on se promène dans les rochers, on trouve des toutes petites bêtes. Surcouf a passé des heures à les observer, approchant son nez et le retirant précipitamment. Mais maintenant il n’a plus peur, il en prend même dans sa gueule.

Mais surtout, pendant ces vacances, il a fait deux découvertes extraordinaires.

La première s’est produite par une journée tranquille. Vagabond, Surcouf et Lara étaient installés sous le parasol, quand tout à coup, ils ont entendu un bruit.

-Vouf ! Vouf !

Surcouf regarde autour de lui : rien .Mais le bruit se reproduit :

-Vouf ! Vouf !

Il lève la tête, et que voit-il ? Un…truc, qui vole dans le ciel, maintenu par deux ficelles dont les extrémités sont dans les mains de Timaël qui rit aux éclats.

-Tu as vu mon beau cerf-volant Surcouf ?

Si Timaël rit, c’est que ce n’est pas dangereux. Il semble même que ce soit plutôt amusant. Aussitôt, il essaie d’attraper cet engin. Il court à droite, il court à gauche, saute, retombe sur le sable et finit par se casser la figure. Ce n’est pas grave. Il recommence. Au bout d’une demi-heure, exténué, il retourne se coucher. Il n’a pas attrapé le cerf-volant mais il s’est bien amusé. Il recommencera.

La seconde découverte, il l’a faite dans le jardin de la maison.

Surcouf somnole. Il fait chaud, il est couché à l’ombre d’un grand arbre. La vie est belle.

Tout à coup, une pierre non loin de lui se met à bouger. Fantastique ! Surcouf se relève d’un bond et aboie. C’est quoi ce truc ? Hésitant entre la curiosité et la peur, il exécute une sorte de danse autour : avancer, approcher le museau, vite reculer…et recommencer. Et surtout aboyer. De cette manière, si ce drôle de phénomène émet l’envie d’attaquer, il saura tout de suite à qui il a à faire. Finalement il ne réussit qu’à attirer papa.

-Là mon chien. C’est une tortue. Si tu la laisses tranquille, elle ressortira de sa coquille.

Et le discours se termine par :

  -Pas toucher !

Ca, Surcouf sait ce que ça veut dire. Alors il se couche, le plus prés possible de sa « pierre » et attend. Au bout d’un long moment, apparaissent une patte, trois pattes, une tête, et la « pierre » se met en route. Extraordinaire ! Surcouf se pose des questions :

-Est-ce dangereux ?

- Ca mord ?

-Est-ce que ça se mange ? Ça ne sent pas très bon !

Il l’observe pendant un long moment, mais comme il n’a pas le droit de la toucher, (en vieillissant il devient obéissant) il se lasse et l’abandonne pour aller manger ses croquettes.

             Et comme un mois de vacances, c’est très court, le séjour à la mer se termine et chacun reprend ses activités quotidiennes

 

Chapitre VIII                                   Le plus beau des champions

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  Surcouf a maintenant trois ans et demi. Il est champion de France, d’Espagne, International. C’est vraiment un beau chien ! En plus, il a déjà eu de nombreux bébés, et certains commencent à se faire remarquer sur les rings.

Un jour, en rentrant de l’école, les enfants entendent une conversation mystérieuse entre leurs parents :

-Il faut quand même que l’on réfléchisse avant de l’inscrire. Ca va entraîner de gros frais, les chiens qui seront présentés sont déjà triés, donc ce seront vraiment les plus beaux du monde. Surcouf a-t-il les qualités nécessaires pour se mesurer avec ces chiens-là ? Et puis, ça nous obligera à laisser les enfants plusieurs jours.

Papa semble hésitant.

-Le fait est que ça va nous coûter très cher. Pour ce qui est des qualités du chien, je crois qu’il les a montrées. Et de toutes façons, il a déjà été qualifié, c’est donc qu’on l’estime capable de tenir sa place, même au milieu des meilleurs chiens du monde. Quant aux enfants, on leur expliquera, et je pense que mes parents accepteront de venir quelques jours à la maison pour s’en occuper.

Les enfants entrent en trombe dans la pièce.

-Mais de quoi parlez-vous ?

-Vous avez entendu ? Nous parlons de Crufts.

-C’est quoi, ça ?

-C’est une grande exposition canine, la plus prestigieuse du monde, qui a lieu, depuis très longtemps, toutes les années, à Birmingham en Angleterre.

-Vous voulez y aller ?

-Nous hésitons encore.

-Il ne faut pas hésiter ! Je suis certaine que Surcouf va gagner.

-Pourquoi vous ne voulez pas nous emmener ?

-Parce que c’est au mois de Mars, et qu’à cette date, vous avez école.

-On peut bien rater quelques jours d’école !

-Non. Vous êtes trop grands. Et je vous rappelle que vous êtes déjà venus en Espagne et en Italie. Il n’y a pas beaucoup d’enfants qui suivent leurs parents dans les expositions.

Les enfants réfléchissent.

-Bon, OK. On restera là, mais vous ramènerez plein de photos.

-Et même des cadeaux, ajoute Timaël.

 -Mais il faut que vous y alliez. Si c’est très cher, on partira moins longtemps en vacances, mais il faut que Surcouf ait ses chances de gagner la Crufts. .

-Ma chérie, tu es adorable. Mais nous nous débrouillerons pour aller en Angleterre et néanmoins vous emmener en vacances.

Donc, c’est décidé, les parents inscrivent Surcouf, retiennent un hôtel et leurs places sur la bateau.

Le mois de mars arrive rapidement.

Après un long voyage en voiture, en bateau, puis à nouveau en voiture, Lucie, Bernard et Surcouf arrivent à Birmingham. Là, ils sont rejoints par monsieur Martin, l’éleveur de Surcouf.

L’exposition dure quatre jours. Les bobtails doivent passer le deuxième. La veille, papa et maman vont sur place pour se repérer un peu. C’est immense : trois halls, de la moquette partout, et des centaines de boutiques qui vendent tout ce que vous pouvez désirer sur ou pour les chiens. Il y a des journalistes de tous les magazines canins d’Europe (et nombreux sont ceux venant des Etats-Unis, d’Australie, du Japon, etc), la télévision anglaise est également présente. Par contre, les tables de toilettage sont interdites dans les halls. D’ailleurs, Surcouf est actuellement dans les mains de monsieur Martin qui va passer la journée à le faire beau.

Bernard et Lucie sont un peu émus.

-Impressionnant, n’est-ce pas ?

-C’est le moins que l’on puisse dire !

Il y a un monde fou. Des éleveurs venus du monde entier, et des milliers de visiteurs, venus eux aussi d’un peu partout. Dans les allées, toutes les langues sont parlées.

Après s’être un peu perdu, les parents finissent par trouver l’endroit où les bobtails seront exposés le lendemain.

Et voilà ! Après une nuit pendant laquelle personne ne dort beaucoup, c’est déjà l’heure d’y aller.

Une fois arrivé, monsieur Martin passe les derniers coups de brosse à Surcouf pour le mettre en forme. C’est papa qui va le présenter.

-Voilà, il est prêt. Bonne chance.

-Merci. Je suis un peu stressé !

Les voilà sur le ring. Il y a plus de cinquante  bobtails tous plus beaux les uns que les autres. Autour du ring, de très nombreuses personnes, mais le plus grand silence règne. Les jugements commencent. Tous les chiens passent un par un. On n’en finit pas ! Puis le juge demande à une dizaine de chiens de sortir du rang. Surcouf fait partie des élus.

Sur le bord du ring, maman n’a plus d’ongles… Elle les a mangés !

Le juge examine encore chacun des dix chiens, les fait marcher. Il n’en garde plus que six. Surcouf est toujours là. La tension monte encore. Il classe les quatre premiers, Surcouf est deuxième. Il y a de quoi pleurer. Il n’y a pas de plus mauvaise place que la deuxième. On est tellement proche de la première ! Mais…non. Le juge tâte encore le chien qu’on croyait premier et Surcouf. Il hésite…donne le classement cette fois ci définitif : Surcouf est premier. Il a gagné la Crufts ! Incroyable ! Maman pleure, papa n’en est pas loin. Monsieur Martin est rouge comme une tomate.

Cette fois-ci, c’est la consécration. Surcouf est photographié, filmé… Des dizaines de personnes viennent féliciter monsieur Martin pour avoir fait naître Surcouf, papa et maman pour avoir su le faire grandir au mieux.

Et Surcouf ? Il en a marre, et, couché dans l’allée, il ne le cache pas.

Papa se baisse :

 -Tu en as marre mon gros ? Alors j’ai une bonne nouvelle pour toi. Tu as réussi le plus difficile. C’était ta dernière exposition. Maintenant, ta vie, ça sera : promenades, câlins, repos dans le jardin avec ton copain Vagabond, et siestes sur le canapé

                                                              Epilogue

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Papa a tenu parole. Surcouf, retraité à trois ans et demi, mène une vie paradisiaque. Il est parfaitement heureux. De temps en temps, on lui présente une belle fille avec qui il fait de beaux bébés.

Un jour les enfants sont au jardin avec les chiens, les parents reçoivent des gens. Tout à coup, maman les appelle :

             -Venez voir tous les quatre. Nous avons une surprise pour vous.

Ils rentrent, et que voient-ils, couchée dans un panier ? Une petite boule de fourrure avec un corps noir et une tête blanche. C’est une superbe petite chienne. Elle est jolie. Jolie comme une fleur, jolie comme son nom : Ancolie.

 

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